Maurice Bidilou Pellosh: Pointe Noire dans les années 1970
Maurice Bidilou a ouvert son studio photo « Studio Pellosh » en décembre 1973 à quelques encablures du grand marché, dans un quartier populaire de Pointe Noire au Congo. Il l’a fermé en 2016.
Très rapidement, le succès est au rendez-vous et en dehors des traditionnelles photos d’identité́ proposées , le « Studio Pellosh » devient le lieu réputé́ et incontournable où se pressent familles, couples, amis et sapeurs, souhaitant fixer sur la pellicule, bonheur et attributs de réussite.
Maurice Bidilou, photographe Congolais des années 70s
Maurice Bidilou est né à Bouansa (exLe Briz) le 15 aout 1951. Il est venu à Pointe Noire à 16 ans chez son frère. Après quelques petits boulots, son oncle lui demande de trouver un métier. C’est alors qu’il commence un apprentissage de 19 mois au « Studio Jeanot Père ».Contre un régime de bananes, une dame jeanne de vin, un poulet et 20 000 francs CFA. Le jeune Maurice apprend toutes les clés du métier de photographe-portraitiste, métier qui deviendra la passion d’une vie.
La mode de l’époque imposait d’avoir un sobriquet. Maurice explique que vers 11 ans, il a joué avec les lettres et a composé le mot« Pellosh », avec une terminaison à l’américaine.
C’est donc bien avant de devenir photographe que ses amis et sa famille le surnommaient Pellosh. Un nom prédestiné.
Maurice Bidilou a ouvert son studio photo « Studio Pellosh » en décembre 1973 à quelques encablures du grand marché, dans un quartier populaire.
Il l’a fermé en 2016.
Très rapidement, le succès est au rendez-vous et en dehors des traditionnelles photos d’identité́ proposées, le « Studio Pellosh » devient le lieu réputé́ et incontournable où se pressent familles, couples, amis et sapeurs, souhaitant fixer sur la pellicule, bonheur et attributs de réussite.
Le soir, Pellosh arpente bars, dancings et concerts et se mêle à la jeunesse congolaise éprise de liberté́ en cette période bouillonnante de l’indépendance acquise. En face du StudioPellosh , le bar dancing « Chez Fofo », est son lieu favori les week ends.
Dans les années 70, la Sape, la Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes, est en plein boum et la clientèle ponténégrine aspire à des clichés-souvenirs très étudiés que l’on destine à ses proches et dont on peut commander des agrandissements.
Les prises de vue deviennent alors composées d’accessoires symboliques de richesse (transistor, mobylette, livres, cigarettes) et de beauté́ (sac, lunettes, chapeau, costume) et les lumières artificielles permettent des prises de vue, de jour comme de nuit.
À partir de 1985, la disparition sur le sol congolais, des produits de développement et tirage N&B, impose à Pellosh de basculer dans la couleur puis l’apogée du numérique dix ans plus tard, signent la fin inéluctable de son studio.
Maurice est décédé le 25 mai 2023, entouré d’éléments de décor de son ancien studio, de dizaines de boites Kodak remplies de négatifs et de matériel photographique. Un mauvais paludisme et une fracture de la hanche sont à l’origine de son décès à l’âge de 71 ans.
Il laisse Jackie, sa femme et leurs 6 filles ; Mauricette, Aude, Inès, Alida, Ghéraude et Carmelle et leurs 17 petits enfants, tous très fiers et concernés par la consécration et la nouvelle vie du travail de Maurice, initiées depuis 2020 par Emmanuèle Béthery.

